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La violence conjugale (ou domestique) est l’une des formes de violence dont tout le monde a entendu parlé mais dont peu de gens dénoncent. Saviez-vous qu’elle existe sous 5 formes: psychologique, verbale, sexuelle, physique et économique? Certaines personnes la vivent sans même s’en rendre compte puisqu’elle y sont depuis tellement longtemps et que celle-ci s’insinue de façon, souvent sournoise, dans leur quotidien.

J’ai moi-même été victime de violence conjugale. Eh oui, dans mon « jeune temps ». J’avais rencontré cet homme alors que j’avais à peine 18 ans (il en avait 31) et pendant 4 ans, j’ai vécu l’escalade de cette violence. Je trouve très particulier quand les gens portent un jugement sur les victimes (et je ne nomme pas les victimes en tant que « femmes » car les hommes aussi sont parfois victimes). Lorsque, par exemple, j’entends des gens dire : »Elle n’a qu’à le quitter » ou encore « En tout cas, moi, personne ne lèverait la main sur moi »!


Laissez-moi vous dire que ce n’est pas aussi simple que ça puisse le paraître extérieurement!


Premièrement, lorsque j’ai rencontré cet homme, il ne m’a pas giflé dès le premier soir (car effectivement j’aurais pris mes jambes à mon cou!). Oh non! Il était attentif, prévenant voire charmant. Le tout a commencé avec des « blagues » telles que: « Ah oui, c’est vrai toi tu es une princesse! » ou encore « Tu n’as pas fait grand chose de ta journée ». Au début, on joue le jeu des « blagues » mais au fil du temps ça nous rentre dans la tête et on commence à y croire.

Puis, il s’est mis à contrôler mes dépenses. Je devais rapporter les factures et la monnaie et expliquer chaque dépense. Et puis il a commencé à ne pas aimer certains de mes amis ou membre de ma famille. Il paraitrait que ceux-ci avait une mauvaise influence sur moi car je résistais et que, bien évidemment, cette résistance ne pouvait pas venir de moi, la paresseuse! Il a commencé à me tromper, à rencontrer d’autres femmes alors que j’étais enceinte de notre 2e enfant. Je savais déjà depuis un bon moment que nous étions sur la fin mais comme plusieurs femmes, je ne voulais pas « briser » notre famille alors qu’en fait, il avait déjà commencer le travail depuis longtemps.

Puis, un certain jour de septembre 1998 alors qu’une amie était venue me rendre visite et que j’avais passé la journée à faire un grand ménage (avec mes 2 jeunes enfants à m’occuper) il est revenu du travail et a eu une colère car le repas n’était pas prêt. C’est la première fois qu’il me frappait. Un coup de poing directement sur le nez qui m’a valu une perte de conscience et 2 yeux au beurre noir. Ah, j’ai voulu me défendre avec un coup de poing qui est parti directement sur sa lèvre. Évidemment, tout ce que j’ai entendu par la suite c’est que je l’avais fait saigner. Bien sûr! À quoi ai-je penser de vouloir me défendre(?!). Dès ce moment, les choses ont dégringolées. Les disputes se succédaient mais je voulais absolument « sauver » ma famille.


Puis, LE fameux soir est arrivé


Pour faire une histoire courte, Monsieur est revenu à la maison après avoir pris quelques verres. Il a piqué une colère, cette fois car la chaîne de sûreté était mise (nous habitions au 2e étage et je ne voulais pas que ma fille de 4 ans ouvre la porte et tombe dans l’escalier). Il m’a dit que je voulais l’empêcher de rentrer chez lui et s’est mis à me pousser. Ma fille de 4 ans s’est alors mise entre nous pour me protéger et il l’a poussé dans le mur. Le déclic s’est fait dans ma tête à ce moment. Que tu t’en prennes à moi ça passe mais à une enfant, non. J’ai alors baisser les bras et lui ai dit que s’il voulait s’en prendre à quelqu’un qu’il s’en prenne à moi. Il ne s’est pas fait prier et m’a giflé, m’a poussé et a voulu m’étrangler. À quel moment il s’est arrêté? Quand j’ai dit que j’allais appelé la police.


Le 31 octobre 1998, je reprenais mon plein pouvoir sur ma vie.


Ça n’a pas été facile car il m’a laissé avec des dettes (je me suis même fait couper l’électricité car la facture n’avait pas été payée). Mais j’étais libre.

Si vous vivez ce type de relation toxique, de grâce, demandez de l’aide. Aimez-vous assez pour sortir de cette roue infernale. Il n’est pas vrai que vous êtes lâche, que vous n’êtes bonne à rien sans lui, que vous n’arriverez jamais à rien dans la vie. Vous êtes une personne magnifique qui a simplement oublié qu’elle pouvait briller par elle-même. Des gens sont là pour vous aider à retrouver cette lumière qui ne demande qu’à rayonner. Libérez-vous. Osez être qui vous êtes vraiment. Reprenez votre pouvoir car le pouvoir est aussi entre vos mains!

Paix et Amour

SOS Violence Conjugale 1 800 363 9010 (24/7)
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février 9, 2019

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